Sécheresse, cyclone: gestion de l'eau.

Saison des pluies, saison sèche, un des problèmes majeurs du potager en zone tropicale: la gestion de l'eau. L'été 2016, je me rappelle avoir était surprise des coupures d'eau journalières que nous avons eu sur l'île. L'organisation de la vie quotidienne en était très largement impactée et que dire de l'agriculture ! Même les vergers bien implantés, avec des arbres de plusieurs années, avaient une production plus que réduite, m'expliqua Mr Herbert lors d'une visite du verger du Domaine de Labourdonnais.

Cette année ci c'est un tout autre problème. Depuis le mois de janvier ce sont des centaines de millimètres (1300 mm depuis le mois de janvier à St Aubin selon les relevés de l'agronome Charlotte Daguenet), qui se sont déversés sur l'île causant des inondations et la destruction des cultures maraîchères. Lorsque je me suis rendue au bazar hier, j'ai pu constater des prix encore très élevés. Ce phénomène a aussi était souvent relayé par le journal l'Express, dont dans ce dernier article.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pourquoi ces inondations ?

La première raison qui me vient à l'esprit: l'urbanisation. La "bétonisation" grandissante détruit les espaces verts, les zones humides qui sont autant des réservoirs de biodiversité faunistiques et floristiques, que de véritable zones tampon qui sont capable d'absorber et de stocker l'eau des crues. Les villes ont été aménagées avec des drains, mais ces derniers sont malheureusement pas ou peu entretenus et bouchés par les déchets.

Dans le milieu agricole, les pratiques mécanisées et chimiques génèrent la mort des sols (absence de matière organique qui est une éponge pour l'eau, absence de micro-organismes qui aèrent le sol et le rende perméable) qui ont alors une capacité d'absorption qui peut être nulle.

A l'inverse certaines zones n'ont pas accès à l'eau. Dans ce cas là, difficile d'arroser les cultures et donc d'entreprendre une activité agricole viable sur l'année. Souvent ces zones là sont exploitées qu'en hiver, après la saison des pluies. C'est le cas par exemple d'une ferme à Britania mais aussi de planteurs qui cultivent sur des terrains encore non construit, comme dans le morcellement de Blue Bay (entre autre exemple)

 

Quelles solutions face à ces problèmes ?

Pour pallier à la sécheresse, les récupérateurs d'eau de pluie, les bassins, le paillage , des cultures adaptées, l'irrigation au goutte à goutte, permettent de stocker et d'optimiser l'usage de l'eau.
Réservoirs et/ou bassins et réseaux de canaux sont autant de solutions qui s'offrent à nous lors des gros épisodes pluvieux. Lors de leur élaboration, il faudra faire en sorte de réduire la pente si elle est forte car dans ce cas, impossible pour l'eau de s'infiltrer dans le sol et c'est alors un phénomène d'érosion qui se produit.

Dans une des serres à Curepipe, nous avons fait de profonds passages de 40 à 50 cm de hauteur. Bien qu'ils n'aient, dans un premier temps, pas été élaborés dans le but de drainer, ils remplissent pourtant à merveille cette fonction et évitent que les planches de culture soit saturées en eau. Par contre, bottes indispensables !

Ces solutions, parfois "onéreuses", sont nécessaires pour assurer la pérennité d'un potager (selon sa superficie) ou d'une ferme.


Avez vous déjà entendu parlé de Laferm Coco à Bambou Virieux ?

 

Cette ferme agro-écologique a créé tout un réseau de bassins, rivières, canaux qui limitent voir évitent les inondations et qui sont des réserves pour l'irrigation des plantes mais aussi un réservoir de biodiversité. Je m'y suis rendue pour comprendre la complexité de cette démarche.

Voici se que Stéphane Rouillard m'expliqua:

La question qui donne un sens à tous les travaux qui vont être entrepris pour canaliser l'eau: où amener le surplus ? La réponse réside dans la prise en compte de la topographie, du passage naturel de l'eau pour retourner vers la mer mais aussi de la capacité d'infiltration du sol. Il n'y a pas une solution, il y a des solutions adaptées au site et aux activités qui y sont entreprises.

Stéphane a réalisé des balades sous la pluie pour se rendre compte des écoulements naturels de l'eau mais aussi des "problèmes" que cela causait par rapport l'aménagement du terrain. Dans un premier temps les écoulements naturels n'ont pas été modifiés puis si cela a été nécessaire, il a pris en compte le relief et a rejoins les écoulements naturels de son terrain: la rivière qui ira se jeter dans la mer.

C'est au total 8 bassins intermédiaires, un gros bassin au bas de sa ferme et des dizaines de mètres de tranchées qui lui évitent inondations et destructions. En cas de sécheresse, il a deux bassins en hauteur du terrain, alimentés par un ruisseau (alimentation qui est contrôlée grâce à un robinet). Son potager est arrosé grâce à des mini asperseurs et ses animaux bénéficient de rivière dans leur pâture. Il aura fallu deux ans d'observations et d'aménagements à Stéphane pour finaliser son système de gestion de l'eau sur toute la ferme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Légende: 

1ère photo: de la zone de pâture des chèvres et moutons descend un canal qui passe à gauche du garage, puis un autre canal au départ de la même zone, celui qui est sur la droite de la photo, et qui rejoind l'écoulement naturel vers la rivière.

2ème photo, à droite: continuité des écoulements de la photo 1.

3ème photo: le dernier canal qui se jette dans la rivière.

 

 

A la maison il n'y a pas forcément d'espace pour faire un bassin mais vous pouvez toujours connecter des réservoirs à votre gouttière pour stocker cette eau de pluie. Quand à l'évacuation de l'eau qui s'accumulant dans vos jardins, n'oubliez pas de considérer la présence de vos voisins qui pourraient sinon bénéficier d'une piscine boueuse à la saison de pluies.

 

Besoin d'un avis pour votre ferme/potager ? Contactez Aurore

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

L'or noir, le vrai: compost

February 9, 2020

1/3
Please reload

Posts Récents
Please reload

Archives