Une agriculture biologique à deux vitesses

January 9, 2019

Commençons par un point historique.

 

C'est dans les années 1910, en Allemagne, qu'ont été inventés les premiers engrais chimiques et c'est en 1930 que les pesticides chimiques font leur entrée dans le monde agricole. Les années d'après guerre marquent la fin d'une agriculture biologique par défaut ou plutôt naturelle. Les mots d'ordre sont: rentabilité, cultures intensives, monocultures, ...

Les produits chimiques semblent être arrivés à l'île Maurice dans les années 1960, mais difficiles d'avoir des précisions sur ce sujet. c'est dans la fin des années 90, début des années 2000 que la première ferme mauricienne est certifiée par Ecocert.

 

J'ai d’innombrables fois entendu à Maurice "le bio utilise des produits chimiques, alors que l'organic non", "c'est quoi la différence entre agriculture biologique et agriculture organique ?"

AUCUNE différence ! Agriculture biologique et organic farming sont LA MÊME CHOSE, le premier est en français et le second en anglais. Voilà tout.

 

Je pense qu'il est nécessaire de revenir précisément sur la définition de l'agriculture biologique qui a vu le jour dans les années 1950.

 

- Cette méthode de culture n'utilise donc pas de produits chimiques de synthèse que ce soit "disel" (engrais) ou medsin (pesticides: herbicides, fongicides, insecticides).

SOLUTION(S):

Appliquer le principe "mieux vaut prévenir que guérir" en appliquant des méthodes préventives qui éviteront les attaques ou la propagation d'une peste/maladie.

Quand il n'y a pas d'autre solution, utilisation de produits naturels, le plus souvent extraits de plantes, pour réguler les pestes. On ne cherche pas  a exterminer mais à réduire la pression, obtenir un équilibre.

 

- Elle prend en compte le respect du bien être animal.

SOLUTION(S):

Laisser un espace de pâturage, c'est à dire un espace où l'animal pourra se déplacer librement et brouter, picorer, se baigner, ... en fonction des besoins de chacun (poules, bœuf, cabris, ...)

 

- Les ressources naturelles sont à préserver: eau, sol, pétrole, ...

SOLUTION(S):

Pour la préservation de l'eau vous pouvez, entre autre, mettre en place un système de goutte à goutte et/ou de paillage.
Le sol, patrimoine de l'agriculteur, mais aussi de l'humanité, doit toujours être couvert et nourrit pour être vivant. Il vous le rendra bien.

Quand au pétrole, il faut alors limiter la mécanisation en gardant des fermes à échelle humaine mais aussi prendre en compte les emballages des légumes: dite non au sachet individuel en plastique jetable.

 

- C'est en favorisant une biodiversité cultivée et sauvage qu vous reconstituerez des écosystèmes déséquilibrés.

SOLUTION(S):

Vous pouvez laisser des zones sauvages au sein de votre ferme, et installer des habitats pour les auxiliaires, c'est êtres vivants qui vont vous aider au potager (réguler les ravageurs, polliniser vos cultures, ...)

 

- Dernier point que je souhaite évoquer: la valorisation du planteur et de son produit.

SOLUTION(S):

SensiBio vous incite à acheter, autant que possible, directement au planteur, sans qu'il y ait d'intermédiaire. Ou alors vous assurer que l'acheteur-revendeur achète les légumes du planteur à des prix raisonnables qui prennent en compte les difficultés du métier (physiques et climatiques), l'énergie et le temps consacré. Je vous invite aussi à rencontrer ces planteurs qui produisent pour vous ces aliments sains. Ils seront fiers de vous montrer leur travail et vous, rassurés de voir où et comment est produite votre nourriture.

 

Ces solutions ne sont absolument pas exhaustives mais lorsque un planteur/jardinier entre dans cette démarche, il ne s'agit alors plus d'agriculture productiviste. On appelle cela un agro-système: production de légumes/fruits, ... + protection de la nature.

 

Cette prise de conscience salutaire dans les années 1950 nous mènera dans cette dernière décennie à l'agriculture biologique à deux vitesses que nous connaissons maintenant.

     

 

C'est a dire une agriculture qui n'a pas la protection de l'environnement comme priorité, mais considère le label bio comme un argument de vente a meilleur prix. C'est par exemple de grandes monocultures, l'exploitation de personnes sans papier, l'achat à des prix dérisoires de la production des planteurs, etc...Les lobbys industriels cherchent donc à rabaisser vers le bas les exigences du cahier des charges du label bio D'ailleurs ils en ont obtenu une vers 2007 : le seuil de présence d'OGM est fixé à 0,9%, c'est à dire au même niveau que l'agriculture chimique, au lieu de 0,1% auparavant.

 

     C'est pourquoi d'autres labels plus exigeants voient le jour tel que Nature et Progrès en France ou BioLokal à l'île Maurice.

 

Pour évoquer ce sujet, je vous partage cet article que je trouve très bien fait et assez complet: 

Peut-on faire confiance au bio de supermarché ?

 

 

 

 

 

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